En vrac et contre tous

Cerbère

Suis sorti finalement.
Trois fois plutôt qu’une.

Parce qu’elle me l’a demandé. Parce qu’elle m’a énervé. Parce qu’il fallait manger.

Z’ont toujours faim. Pas étonnant que ça me coûte une fortune en papier hygiénique… avec tout ce qu’ils mangent!
Ces estomacs sans fond sont leur seul point commun. Ha non, ils savent aussi m’énerver. Grave. Chacun à sa façon. Je pense qu’on m’a pris de l’argent. Environ 90 euros. C’est à peu près certain. Impossible à prouver.
Imbécile, j’aurais du me méfier.

Elle est venue me parler. J’ai pas su la repousser. J’aurais du?
J’avais réglé un truc, avant qu’elle arrive. Comment j’ai fait… je sais plus. Encore moins pourquoi. C’est venu tout seul. Le truc traînait depuis plus d’un an… Pourquoi là ? Sais pas.
C’était gros pour moi. En 10 minutes c’était réglé.
J’ai souri, j’avoue.

C’est là qu’elle est arrivée. Comment la repousser ? J’ai pas su.
Ma tête l’a inquiétée. Elle m’a fait sortir une première fois. De chez moi.
La deuxième c’était de mes gonds.
Elle a ce don. Elle est douée.
Elle a l’altruisme égoïste.
Par crainte d’être détruite, sans doute.
Ça fait partie de son charme, celui qu’elle exerce sur moi.

Je suis sorti. Pas pour elle. Pas pour lui faire plaisir.
Pour l’épargner. Pour pas crier dessus. Pas encore. Pas cette fois.

J’ai marché. Malgré mes jambes, malgré la douleur.
Vingt minutes. Peut-être. Je sais plus. Environ.
J’ai compris. En marchant. C’est sans importance.
Elle est venue. Pour moi.
J’ai accepté.
J’ai compris. En marchant. C’est elle qui compte. Sa présence.
Pas ses convictions. Pas ses certitudes. Pas son obstination.
Elle verra bien un jour. Ou pas. J’aimerais mieux que pas. Pour elle.
Elle peut bien y croire. C’est son droit. Puis elle est bien partie pour ça.

J’ai fait la paix avec elle en revenant.
Elle a repris la conversation, comme si de rien n’était. Ou à peu près.
Elle a quand même demandé qu’on reparle pas de ça.
J’ai dit ok. C’est ok. Ça le sera.

Puis elle est partie.
J’étais plus serein. Au final.
Plus qu’au matin.
Pas que grâce à elle. J’ai fait mon bout de chemin. Mais grâce à elle aussi.
Faudra que je lui dise. Faudra qu’elle sache.

Avec eux ça a été… ok.
Pas de drame, pas de choc.
Pas le paradis pour autant. 90 euros.
Depuis je sais pas quand. Mais je jurerais les avoir laissé là.
Là où ils n’étaient plus.
J’ai pas réagi. Rien dit.
Accuser et condamner un innocent est pire que de laisser filer un coupable.

Je finirai par savoir. Ou pas.
Me fous du montant.
C’est le principe, la trahison.

Suis épuisé.
Besoin de sommeil.