En vrac et contre tous

Perdu

Trop à dire.
Par où commencer?
Mes idées se bousculent et s’emmêlent.
Sitôt une prend forme, sitôt une autre vient la brouiller.

Épuisé, mes oreilles bourdonnent.
Mon coeur palpite, maintenant elles sifflent.

Il fait froid, mon pull est sur le lit.

Rien ne presse, tout peut attendre.
Rien n’a de sens, rien n’est pour moi.

Moi… Moi je ne suis rien, je n’ai personne, je n’aime personne, je ne veux personne. J’ai voulu. J’ai aimé. J’ai eu. J’ai perdu. Jamais plus!

Ma chambre me suffit. Des mois que je ne la quitte presque plus. Que pour le boulot et ces responsabilités de merde dont j’ai jamais voulu.

Si j’en sors, ce sera pour voir M.

J’ai pas trop envie de voir M.

M me provoquera, m’excitera. Elle l’a fait 2 fois déjà.

M dit qu’elle veut plus, qu’elle veut moi et plus.

Mais M se collera sur moi, elle me voudra.

Elle voudra du sexe, mais parlera de faire l’amour.

J’aime pas M. C’est que du sexe.

J’aime même pas le sexe avec M. J’aime pas sa peau sèche. J’aime pas ses seins flasques. J’aime pas son ventre ramolli. J’aime pas l’odeur de sa bouche et de son sexe. M me dégoute.

Mais je sais que je cèderai. Sans comprendre pourquoi. Pas par amour, même pas par amitié. Je connais à peine M. Peut-être pour me donner l’impression de remplir le vide laissé par les autres, je vais céder et la baiser.

Ma chambre est froide.

M est sensible, très sensible. Elle jouit vite, souvent. Son petit corps mou cache un volcan.

Je resterai probablement sur le dos, je fermerai les yeux pour ne pas voir sa peau, pour ne pas voir ses seins, pour ne pas voir son ventre et ses cuisses s’affaisser sur moi. M m’enfourchera et jouira.

Si j’y arrive pas, si je garde les yeux ouverts malgré moi, j’utiliserai mes doigts. M jouit toujours vite, très vite et plusieurs fois.

C’est une chance parce que j’aime pas. Une chance qu’elle ne sait pas faire durer son plaisir et qu’elle me libère vite.

Pourquoi je cèderai ? Je lui dois rien. J’ai rien à prouver, et de toute façon à qui ? Toutes celles qui ont compté, toutes celles qui comptent, elles sont parties. Je les ai chassées sans rien faire, j’ai juste été moi.

Moi… Moi je ne suis rien, je n’ai personne, je n’aime personne, je ne veux personne. J’ai voulu. J’ai aimé. J’ai eu. J’ai perdu. Jamais plus!

Je vais devenir fou. J’ai mal à la tête. J’aimerais que ça s’arrête.