En vrac et contre tous

Pervers

J’ai pas profité de ma journée de congé pour travailler sur mon "contrat". J’en avais pas envie. De toute façon j’avais oublié le document au bureau et il m’était impossible d’aller le récupérer.

J’ai pas profité de la tempête de neige pour aller faire de la photo.
Il en est tombé plus de 35 cm, ça aurait été tout beau, tout blanc; mais il a continué de neiger et venter, beaucoup, toute la journée. J’avais pas envie de poudrerie dans le visage. Puis j’ai trop mal aux jambes pour marcher dans autant de neige.

J’ai plutôt laisser la lumière entrer dans ma chambre, puis je me suis trouvé un e-book et j’ai lu, toute la journée. Il y avait un bail que je ne m’étais pas fait autant plaisir :

Une fois installé, mon café tout près, l’inspiration m’est venue pour le choix du livre. Quelqu’un (qui déjà ? peu importe...) m’a récemment demandé de lui recommander de la lecture érotique. Je me souviens avoir préféré répondre bêtement 50 Shades, le Marquis de Sade puis, en dernier recours, Histoire d’O...

Mes recommandations avaient fait choux blanc, comme je m’y étais attendu. Mais j’avais préféré décevoir que de recommander un livre que je n’avais pas encore lu même s’il m’intriguait depuis des années déjà. Je dois dire que ma seule aventure avec la littérature russe se limitait à La steppe, de Tchekhov. Livre dont j’avais pu apprécier la qualité littéraire, certes, mais que j’avais eu peine à terminer tellement le rythme était lent et le ton monotone. À l’image de la steppe russe, selon les critiques que j’avais lues à l’époque. Ces mêmes critiques disant de Tchekhov qu’il était une figure emblématique de la littérature de son pays, je m’étais juré de ne jamais donné sa chance à un autre Russe.

Aujourd’hui l’occasion était trop belle, je m’y suis risqué.
Première surprise, l’auteur russe en question s’était expatrié aux USofA avant de pondre son classique.
Deuxième surprise, c’est en anglais qu’il s’est commis.
(Déjà, je me félicitais de ce flash qui m’était venu. J’ai lu beaucoup en anglais, mais pratiquement que des ouvrages de références. Ce n’est pas un petit roman érotique qui allait me faire peur.)
Je l’ai donc acheté dans sa version originale anglaise (quel choix heureux) : Lolita, de Vladimir Nobokov.
Troisième surprise, le style et le rythme de Nobokov n’a absolument rien en commun avec Tchekhov.
(Du pur bonbon.)

J’ai lu, je pense, les 20 premiers chapitres. Bon, certains chapitres sont très courts, il faut le dire. Mais il faut aussi dire que la plume savante de Nobokov ne peut se lire distraitement. Sa prose est fluide, animée, imagée, imaginative et terriblement séduisante. Mais il faut parfois relire deux, voire trois, fois pour être certain de bien comprendre. Et je ne parle même pas des tonnes de références historiques, culturelles, littéraires, etc. Dont la plupart, je l’avoue humblement, m’échappent.
Nobokov, en anglais, se lit donc lentement. Je dirais même qu’il se déguste, se savoure.

Il a fait scandale en 1955 quand il a été publié?
J’avoue que je peux voir pourquoi : un mec d’une cinquantaine d’année qui raconte avec délice sa liaison amoureuse, charnelle et passionnelle avec une enfant de 12 ans; peu d’auteurs auraient le courage, même aujourd’hui, de s’y abandonner, sans réserve. (Ha si, quand même, il s’est gardé une petite grande gêne : rien de graphique, ni de vulgaire dans son récit.)

Sans faire l’apologie de la pédophilie (mais sans la condamner non plus), je dois avouer que certains passages sont d’une sensualité et d’un érotisme hors du commun.

J’ai du me faire violence pour cesser de lire et vaquer à mes obligations.

Mais j’ai déjà hâte à demain, pour me délecter encore…