En vrac et contre tous

Triste

Encore mal à la tête...
Mes mains qui tremblent au-dessus du clavier.
Nausée, sueurs…

Je n’ai presque pas mangé depuis, depuis… je sais plus.

Je n’ai pas écrit à M non plus. Elle aurait demandé pour qu’on se voit. Hier c’était impossible : un engagement.
Ce soir ce sera impossible : autre engagement.

J’aimerais mieux rester chez moi, bien caché, dans ma chambre. Je suis fatigué, épuisé, rompu, perdu… Mais j’ai pas le choix, il me faut continuer de faire semblant, prétendre que j’en suis, moi aussi.

Au moins ces engagements me sauvent de M.
Pas envie de revoir M.
Et puis j’ai promis à T.

T ne connais pas M, mais T me connait. Elle sent qu’il vaut mieux pas. Pas M, pas ce vieux "pruneau"... T voudrait que je prenne une "pause de ma vie", elle me l’a dit. Elle m’a dit de prendre des vacances, de partir. Elle est pas bête T, elle veut me pousser dans les bras d’une autre, dans les bras de C, je crois.
Je n’ai pas plus envie de C que j’ai envie de M. Alors pas de voyage.
Cette pause, je la prends ici, à petits coups.
Parce que si c’est pas ici, ce sera le grand coup !

Je déraille… quand bien même je voudrais ce grand coup, je sens que je le raterais, pathétiquement.

Du coup, les gens, ceux qui vivent autour de moi, comme les planètes autour du soleil (un soleil terne, sans un éclat, qui n’a de soleil que sa position centrale), sans trop s’en approcher par crainte de s’y brûler, d’y sombrer, ces gens-là feraient erreur. Si je ratais le grand coup, ils voudraient sûrement y voir un appel à l’aide.

Je veux pas d’eux, je veux pas d’aide, je veux… pas.

Je voulais même pas parler à T. Je voulais plus lui parler. J’avais rompu tous les ponts. Elle aussi d’ailleurs, bien avant moi. Elle a toujours eu une longueur d’avance sur moi, ou plutôt moi deux longueurs de retard sur elle. J’ignore pourquoi, j’ignore comment, je suis encore moins devant T que je le suis devant les autres.
J’ai jamais voulu me mesurer à T. Pas par crainte, par respect.
T joue beaucoup, j’ai osé croire, à un certain moment, savoir jouer comme elle. Pas par orgueil, par complicité.
J’ai pas su…

Mais...
Je sais toujours trouvé un mais, quand ça m’arrange, surtout.
En écrivant "Perdu", plutôt en le publiant, j’ai su qu’il fallait que je lui parle, au moins une dernière fois. Que je lui demande. Elle me doit rien. Elle refuserait peut-être. Mais je devais au moins essayer.
Sans hésiter. Sans réfléchir. Je suis allé à sa rencontre, comme j’y étais allé tant de fois.

Peut-être qu’elle l’a senti ? Quand j’ai poussé la porte, elle était là.
Comme si elle m’attendait. Comme si de rien n’était : "A..."
A c’est moi. T s’adressait à moi !

Moi… Moi je ne suis rien, je n’ai personne, je n’aime personne, je ne veux personne. J’ai voulu. J’ai aimé. J’ai eu. J’ai perdu. Jamais plus!

T… tu peux me laisser parler ? J’ai un truc à te demander… Bien sûr.

Et puis je lui ai dit, je lui ai demandé.
T n’a pas répondu. T répond jamais.
T change d’avis, toujours. Enfin souvent.

J’ai pas insisté. J’avais pas envie, encore moins la force.

On a parlé ensuite. Comme on parlait avant. Presque.
Elle a posé des questions, comme par intérêt.

Ma chambre est encore froide. Mon coeur l’est encore plus.

Je me suis versé du vin, le vin de l’oubli.