En vrac et contre tous

Voilà !

Longue semaine qui vient de se terminer.
Beaucoup de choses à faire, beaucoup d’adaptation, des décisions (certaines plus difficiles que d’autres) à prendre, des émotions variées.

Je suis content de m’être enfin mis à la lecture de Lolita. Quelle belle surprise que ce roman ! Tout le contraire de ce à quoi je m’attendais. Je m’étais préparé pour une longue et sombre torture, alors que c’est brillant et dynamique. J’ai terminé la première partie du roman un peu plus tôt aujourd’hui (je m’attaquerai à la deuxième partie tout de suite après avoir publié) et je comprends pourquoi le nom de Lolita est passé dans la culture générale et à l’histoire. Nabokov a su, en s’engageant sur un terrain des plus périlleux, mettre en mot le plus profond fantasme mâle. L’âge de sa Lolita ne servant qu’à capter/captiver encore plus l’imaginaire collectif.

Je suis heureux d’avoir posé un lapin à une baise potentielle ce midi et d’être plutôt allé luncher avec deux collègues. Nous avons ri comme des enfants et, je dois l’avouer, ça m’est rarement arrivé qu’un collègue, avant de sortir du resto, me mette la main sur l’épaule et me dise : "I missed you, Buddy!"

Je suis soulagé d’avoir annoncé à ma patronne, en fin de journée aujourd’hui, que j’acceptais de prendre les nouvelles responsabilités qu’elle m’a proposées. J’aurai la pression d’apprendre rapidement un poste relativement névralgique, mais je n’aurai plus à endurer certains irritants et me débarrasserai de certaines frustrations. En plus, j’ai réussi à obtenir que ma décision soit révisée dans un an. Au pire je retournerai à mes amours actuelles.

Je suis fier d’avoir "scrappé" mon autre journal et d’avoir recommencé à zéro. L’autre reposant sur de fausses fondations, n’était qu’une perte de temps puérile. Bon, ça m’a quand même apporté un certain plaisir, mais le plaisir malin n’est pas sain.

Il y a eu des choses moins positives aussi, bien sûr, mais sommes toutes mineures.

Je préfère terminer la semaine sur ma petite anecdote du supermarché en sortant du boulot : je m’achète toujours une cruche de jus d’oranges quand je passe par là. Elles sont dans un des premiers comptoirs réfrigérés à l’entrée. Je m’y suis donc dirigé dès mon arrivée, je n’avais que quelques emplettes à faire et comptais régler tout ça de manière expéditive. Arrivé au comptoir, l’accès m’était interdit par un couple de vieillards qui, ne trouvant pas la marque "maison" sans pulpe, étaient placés devant un dilemme : quoi boire!
L’homme et la femme, qui devaient avoir en moyenne 95 ans, étaient placés à chaque extrémité de leur chariot. Si bien qu’à eux trois, ils bloquaient tout le comptoir.
Mon premier réflexe a été de m’excuser à haute voix pour qu’ils dégagent l’accès.
Puis, réalisant qu’on était vendredi et que j’avais la vie devant moi, je me suis reculé et accoudé à un autre frigo pour les admirer. Il semblait vraiment mal en point, elle était un peu plus pimpante. Elle soulevait les cruches, les unes après les autres, pour lui lire les étiquettes. Chaque fois elle devait se pencher au-dessus du panier car il était dur d’oreille. Ç’aurait été plus simple et plus facile s’il s’étaient tenus à la même extrémité, mais j’ai comme l’impression qu’ils avaient besoin de s’y accoter pour ne pas tomber et que le chariot aurait basculé s’ils s’étaient appuyés du même côté.
C’est ça ou alors ils avaient le sang trop chaud et craignait de ne pouvoir se contrôler s’ils se retrouvaient trop près l’un de l’autre!
Leur manège a duré cinq bonnes minutes avant qu’il ne se dirigent enfin vers les viandes.
Je n’ai pas osé les suivre, mais les voir aussi complices et attentionnés m’a fait chaud au coeur et (un peu) réconcilié avec l’humain.